Dominique Strauss-Kahn est-il un nouveau Necker ?
Dimanche
26 Décembre
2010

Talentueux président du FMI, Dominique Strauss-Kahn n’en est pas moins Français et socialiste, c’est à dire candidat potentiel à la présidence de la République en 2012.

S’il a laissé entendre en sous-main que la chose l’intéressait, il se tient coi depuis, limitant ses interventions, entretenant le doute sur ses intentions réelles. Mais c’est un fait intéressant que la popularité de notre grand argentier international croît en proportion de ses silences. Aux yeux de l’opinion, il fait figure d’homme miracle :

Brillant économiste, il va redresser la situation française. Socialiste il saura ravir le pouvoir à l’actuel Président, Nicolas Sarkozy. Mais libéral en économie, à tout le moins social démocrate bon teint, il rassure ceux que les projets de « Madame Trente cinq heures », alias Martine Aubry, effraient. Homme tout en rondeur, il est le magicien de la situation…

Voilà surtout un portrait qui fait penser à s’y méprendre, et jusqu’au physique, à un autre grand argentier de notre histoire, Jacques Necker, banquier et ministre de Louis XVI. Pareillement adulé des foules pour ses qualités supposées de manieur de fonds, aimé à la fois comme un grand réformateur social et un prudent capitaliste, il montra, au contact des affaires, l’inanité des espoirs que l’opinion plaçait en lui. Décevant au plan financier comme au social, Necker se révéla surtout un prestidigitateur démagogue, dont l’action ne fut pas étrangère à la précipitation des événements révolutionnaires de 1789. Pourtant, dans la tourmente, il se révéla un ministre intègre. La question est bien le décalage entre les fols espoirs qu’il souleva et la réalité de sa gestion.

Qui vivra verra ! Mais il y a fort à parier qu’en cas de candidature et de victoire, Monsieur Strauss-Kahn décevra pareillement l’opinion. Comment peut-il en être autrement, quand un grand commis veut s’ériger en maître et doit pour cela plaire à tous les courants.

Celui qui assurément ferait un excellent ministre en royauté, sera, à n’en point douter, un président des plus ordinaires.

Une fois encore, et avec une acuité particulière, c’est le besoin pressent d’une réforme des institutions que cet exemple d’actualité illustre, et que l’Alliance royale appelle de ses vœux.

Gabriel Thibout