Le Sénat bascule dans l'opposition !
Lundi
26 Septembre
2011

Pour la première fois depuis les débuts de la Ve République, le Sénat, la Chambre-Haute de la République, traditionnellement marqué par la stabilité, réputée conservatrice, des terroirs, est dominé par une majorité socialiste. Les résultats sont sans surprise compte tenu de l'évolution progressive du corps électoral, composé des conseillers généraux, conseillers régionaux et délégués des conseils municipaux. Depuis 2004, les socialistes ont remportés haut la main les scrutins cantonaux, régionaux et municipaux. Les dernières élections sénatoriales avaient été marquées par la poussée de l'opposition, il devait donc bien en être ainsi tôt ou tard.

Quelles sont les conséquences immédiates d'un tel scrutin ? Il est fort probable que Gérard Larcher, actuel président du Sénat et deuxième homme de l'Etat, candidat à  sa propre réélection, ne sera par réélu. Pourtant apprécié, dans une assemblée qui se caractérise par l'aimable collaboration de tous ses membres, sa tête sera brandie au Président Sarkozy, comme un défi. La République est ainsi qu'elle peut contraindre des parlementaires à évincer celui qu'ils reconnaissent comme un bon capitaine, par simple esprit de parti. Les conséquences sur le débat politique seront sans doute assez faibles, la discrétion étant une tradition sénatoriale. Mais la défaite politicienne pour le Président Sarkozy est évidente. Privé du soutien d'une assemblée, affaibli par le mécontentement de son propre camp dans l'autre, l'Assemblée nationale, on peut supposer qu'il devra revoir à la baisse ses dernières réformes, et notamment la fameuse "règle d'or" budgétaire, qu'il souhaitait faire inscrire dans la Constitution, et dont le vote était soumis à une convocation du Parlement, réuni en Congrès, afin d'obtenir la majorité des trois cinquièmes, nécessaire pour une révision constitutionnelle.

C'est ici que les choses se corsent. Parce que la République est le régime des partis, le passage d'une des deux assemblées dans l'opposition déséquilibre l'ensemble du système institutionnel, là où le mode de scrutin, appaisé, enraciné, devrait pourtant promouvoir la concorde politique.

Parce que la République est le régime des partis et que son organisation, qu'elle soit décentralisée ou centralisée, demeure en fait très pyramidale, si la Présidence de la République et l'Assemblée nationale passent au socialisme en mai et juin 2012, nous serons dans la situation où un parti politique unique tiendra dans sa main la majorité aux deux chambres du Parlement, dans les grandes municipalités, la plupart des conseils généraux et la totalité des conseils régionaux, Alsace et Corse exceptées. Un parti ultra-majoritaire dominera sans contre-pouvoir réel, pouvant donner libre cours à toutes ses lubies.

Si, dans un autre cas de figure, Présidence et Assemblée demeurent à l'actuelle majorité, le système politique, déséquilibré par le régime des partis, fonctionnera au ralenti, en permanence chahuté par une opposition ultra-renforcée.

Dans un tel cas de figure, l'Alliance royale ne peut que se désoler des résultats électoraux de ce soir, car la grande perdante en sera la France. C'est pourquoi l'Alliance royale défend l'instauration de la démocratie équitable, pour mettre fin au régime des partis et laisser les talents des parlementaires s'exprimer, vivre et oeuvrer dans un climat pacifié. C'est pourquoi l'Alliance royale souhaite que la magistrature suprême de l'Etat soit incarnée par la personne du roi hors du champ de la polarisation partisane.

C'est pour cela que nous combattons !

Gabriel Thibout