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Mardi
12 Juin
2012
Ainsi que la récente campagne présidentielle s’en est fait l’écho, la présidence de M. Hollande pourrait voir l’ouverture du mariage civil à deux personnes de même sexe. Si cette proposition va déjà à l’encontre du principe même du mariage, institution fondatrice de la famille, défendu par l’Alliance Royale, Lionel Labosse, enseignant et écrivain, souhaite aller encore plus loin, en supprimant purement et simplement l’acte matrimonial (source : lemonde.fr).
Dans son Contrat universel : au-delà du « mariage gay », l’auteur préconise que les différences qui existent entre le mariage et le pacte civil de solidarité soient abolies au profit d’un « contrat universel ». Cette mesure serait assortie de la possibilité de contracter en même temps plusieurs de ces contrats. Le lecteur l’aura compris, il s’agit purement et simplement d’une forme légalisée de polygamie, ou d’adultère, que l’auteur rebaptise (poétiquement ?) « polyamour ». L’écrivain fait de deux constatations ses chevaux de bataille pour soutenir sa démonstration : tout d’abord, selon lui, la surimposition des célibataires pour « compenser les droits coûteux octroyés à de plus en plus de couples » bafouent le principe d’égalité ; ensuite, les unions multiples permettraient la création de « mini-communautés », plus fortes car plus populeuses et plus cohérentes, pour résister face aux pouvoirs établis et aux injustices sociales.
Il est cependant étonnant de la part d’un enseignant que l’angle éducatif soit totalement absent de l’équation. Dans le système qu’il propose, la progéniture naîtrait-elle à l’âge de 18 ans, déjà prête à s’insérer dans un « trouple » (ménage à trois) ? On peut éventuellement comprendre que l’auteur n’aborde pas ce point dans l’article qu’il communique au journal Le Monde ; il serait alors obligé d’admettre que des mesures fiscales favorisent les couples car ils assurent le renouvellement humain et l’accroissement nécessaire à la pérennité de la nation. Si les uns contribuent biologiquement à la société, il est normal que ceux qui ne le fassent pas assurent une contribution financière en contrepartie.
Dans un ménage à trois (ou plus, si affinités), comment un enfant peut-il trouver sa place sans repère fixe, ni autorité pour lui enseigner les bases de la vie en communauté ? Ne serait-ce pas le condamner à rester victime de ses instincts les plus animaux ? L’auteur semble oublier que la psychanalyse montre à quel point les parents sont fondamentaux dans la construction du sujet, et donc de l’humanité. Serait-ce une société d’orphelins bestiaux et interchangeables que souhaite l’auteur ? Gageons que non, ou alors il s’inscrirait, à notre grand dam, dans l’air du temps. Au final, l’enseignant réfléchit sur le court terme et en partant du postulat que l’union n’engage que deux individus adultes ; il ne semble tenir compte que de leurs plaisirs immédiats (le « polyamour », l’absence de surimposition pour les célibataires, etc.), à tel point qu’il oublie de réfléchir à ce qui fait toute la logique, la puissance et la beauté du mariage : la responsabilité d’un avenir construit ensemble, à laquelle il préfère les profits éphémères d’un présent vécu à plusieurs, sans se soucier du lendemain.
Son ouvrage invite cependant à réfléchir sur la place de la famille comme cellule sociale fondamentale qui, selon l’auteur et nous-mêmes (quoique nous différions sur les procédés et les finalités), n’a pas la place qui devrait lui être accordée dans les politiques actuelles. Cependant, nous ne pensons pas que la solution réside dans un changement radical de l’assise familiale, mais plutôt dans une revalorisation institutionnelle de son intérêt fondamental. Sans doute devons-nous espérer également qu’il se trompe en mettant au compte des avantages fiscaux l’accroissement du nombre de couples observé ces dernières années ; ne serait-ce pas plutôt le signe d’un souffle nouveau de la part de nos concitoyens, signe qu’ils deviennent moins individualistes et perçoivent mieux l’intérêt du lien familial dans la recherche du bonheur nécessaire à l’épanouissement de tout individu ? Espérons-le. De même que nous espérons que ces couples, souvent concubins, sauront se tourner vers les voies du mariage, revenu en grâce comme socle de la famille perpétuelle.
C’est dans cette optique que l’Alliance royale souhaite refonder une véritable politique familiale pour soutenir les familles et reconnaître leur place première dans l’éducation, la transmission des valeurs et la solidarité.
V. Renard
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