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Lundi
14 Mars
2011
Olivier Besancenot, égérie trotskiste, n’a jamais vraiment fait mystère de ses opinions. Mais il est toujours opportun d’en faire ressortir toutes leurs contradictions et leur perversité. Ainsi, lorsque récemment il déclarait face à Roselyne Febvre, dans l’émission « Politique » sur France 24 être favorable à « la liberté de circulation, d’installation et l’égalité des droits intégrale », le porte-parole du Nouveau (sic) parti anticapitaliste (re-sic) signe sa dernière pantalonnade.
En réaction aux propos de Chantal Brunel appelant à « remettre <les clandestins> dans les bateaux, » jouant sur une comédie de sentimentalisme effréné, le meneur du mouvement d’extrême gauche versa dans l’indignation sur-jouée : « C’est la honte ! […] pour moins que ça, on était cent mille dans la rue y a encore dix ans ! […] Quelque chose a pété ! » a-t-il martelé. En guise de conclusion, il appelait à la sempiternelle soupe magique des militants antiracistes : régulariser tous les clandestins, égalité « intégrale » des droits (sous-entendu : le droit de vote des étrangers). Et il concluait sa risible diatribe par une conclusion sans appel : « les frontières ne protègent rien. »
Bien sûr, les propos tenus pas Chantal Brunel sont proprement ridicules et empreints d’un populisme de comptoir, tellement digne au demeurant de son parti. Mais s’agissant des protestations de M.Besancenot, le rire eût pu être la réaction la plus appropriée, en face de tant de bouffonnerie, si le sujet n’était pas si grave. Car en proclamant ainsi, toute honte bue, l’inutilité des frontières, il se pose en complice objectif du mondialisme marchand dont le bilan brille, comme chacun le sait, de l’éclat céleste de la réussite.
Le leader trotskiste, qui n’a de jeune que son âge, en est donc resté au dogmatique politiquement correct suranné des années 80. Celui qui a conduit à livrer l’économie française au désastre de l’idéologie européenne, qui a détruit nos frontières face au torrent migratoire en provenance des pays du Tiers-monde et provoqué ainsi tant le déclin économique français que la détérioration du cadre de vie, la montée du communautarisme, le retour d’une criminalité aux forts relents de barbarie et introduit chez nous le risque terroriste.
Le raisonnement, pour peu qu’il y en eut un, du facteur de Neuilly est, par ailleurs, totalement grotesque : bien sûr les frontières protègent ! Elles sont une garantie tant contre la circulation des capitaux que des biens et des personnes. Elles ne sont pas des murs infranchissables qui claquemurent un pays et y retiennent ses habitants comme à l’intérieur d’une immense prison à ciel ouvert. La frontière est un filtre, elle n’interdit pas d’être franchie, elle retient à l’extérieur ce qui peut être nocif contre les nationaux et garde à l’intérieur les richesses dont ils ont besoin. Elle protège ainsi tant contre l’invasion migratoire et ses conséquences, que nous subissons aujourd’hui, que contre les délocalisations ou les spéculations financières internationales.
La frontière n’est pas incompatible avec une politique généreuse, elle n’est pas contradictoire avec l’humanisme. Si un Etat estime qu’il ne peut accueillir plus d’immigrés, rien ne l’interdit de pratiquer le co-développement ou, si les réfugiés fuient un tyran, d’intervenir militairement pour en protéger les victimes (pour peu que le complexe post-colonial disparaisse.)
Mais de plus, la frontière est consubstantielle à l’humanisme quand un monde sans frontière est un monde inhumain. La frontière est au peuple ce que sont, pour une famille, les murs d’une maison. Ces murs ne sauraient être dépourvus d’ouverture : portes ou fenêtres. Mais ils protègent du vent, du froid, ils garantissent l’intimité. Et lorsque la famille l’estime nécessaire à leur bien-être, portes et fenêtres peuvent être refermées… pour être rouvertes plus tard. Plus encore, les murs d’une maison constituent la limite d’un « chez-soi », objet indispensable à tout être humain. L’Homme a besoin de son chez-soi, où il peut s’enraciner, emmagasiner souvenirs, bons ou mauvais, retrouver les siens dans l’intimité et la tranquillité, accueillir mais aussi refuser des amis ou des étrangers. Les frontières qui entourent un pays sont à la nation ce que les murs sont à la maison d’une famille. Elles répondent exactement aux mêmes mécanismes, aux mêmes besoins, aux mêmes aspirations : avoir un « chez-soi ». On comprend ainsi pourquoi tant les nations que les minorités régionales cherchent absolument à se voir reconnaître leur spécificité et leur identité, ce qui implique tout naturellement à ce que soient respectées leurs frontières (sans pour autant d’ailleurs que cela conduise nécessairement à la quête de l’indépendance pour ces dernières). De même qu’un régime qui prétendrait abolir toute propriété privée pour agglutiner les masses dans des logements communs, dortoirs géants privés d’intimité, serait un régime inhumain, scandaleux, intolérable, haïssable, de même l’est une idéologie qui entend nous affirmer que l’Homme n’a pas de patrie et que le monde est « sans frontière. »
Ainsi, les frontières ne sont pas que des instruments politiques qui protègent, bien que ce soit également le cas, n’en déplaise aux trotskystes du NPA. Mais il s’agit surtout d’une nécessité conforme à la nature humaine et qui doit en tant que telle être défendue, parce que part de cette nature, au même titre que le sont la dignité ou la liberté.
Quand Olivier Besancenot attaque de la sorte les frontières, il n’étale pas ainsi seulement sa profonde inculture et l’incohérence de ses positions. Il démontre en plus combien l’idéologie qu’il porte est profondément ignoble et inhumaine et porte ipso facto les germes d’une société totalitaire.
Stéphane Piolenc
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