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Samedi
31 Décembre
2011
Avant de répondre à cette question, il faut savoir ce que l’on appelle un “service public”. Si on répond qu’il s’agit d’un service mis en œuvre par des fonctionnaires, alors on est hors sujet. Cette confusion est largement entretenue par ceux qui font la grève pour “défendre le service public”, c’est-à-dire leurs privilèges ! Du reste, un service public peut très bien être assuré par des sociétés privées sous contrôle public, bien que ce modèle ait forcément des limites.
Recentrons donc le débat sur l’essentiel. Un service public est une prestation prise en charge ou subventionnée par l’Etat ou par les collectivités locales, pour être, comme son nom l’indique, “au service du public”. C’est une évidence...mais pas pour tout le monde.
Premier point clef : il faut d’abord éviter de mélanger les genres. Un service public, même payant, n’est pas commercial. Il n’a pas vocation à gagner de l’argent. Il prend son sens lorsqu’il permet aux personnes disposant de faibles ressources d’en bénéficier, c’est par exemple le cas de la santé, de l’éducation, ou dans certains cas des transports. Il peut avoir d’autres motivations : éviter la désertification des campagnes, aider les banlieues défavorisées, etc. Du reste, certaines activités, comme l'entretien des voiries, ne peut relever que d’un service public. Aujourd’hui, la SNCF ou la poste ne sont plus des services publics. On peut le regretter, et il y a de bonnes raisons de le faire, ou au contraire s’en réjouir, et il y a aussi de bonnes raisons pour cela. Mais en tous cas, il faut éviter de mélanger les genres.
Par conséquent, et c’est là un second point clef, les services publics ne sont pas en concurrence. Ils ont donc l’excellence comme règle d’or. Souvenons-nous de la ponctualité de la SNCF d’autrefois, ou l’abnégation des instituteurs, ou le courage des facteurs. Malheureusement, cette règle s’accommode assez mal de la mentalité de beaucoup de fonctionnaires, qui font grève à tour de bras et sont plus soucieux de défendre leurs privilèges que d’être au service de la collectivité. Heureusement, il existe encore des fonctionnaires qui font du service public un engagement personnel, en particulier dans la police, mais aussi dans les hôpitaux, les écoles, les administrations, etc..
Enfin, le troisième point clef est qu’un service public est un acte politique qui ne peut être décidé que par la représentation des citoyens : à eux reviennent le droit et le devoir d’organiser le bien public. Or, qu’est-ce que la représentation publique en France ? Un régime de partis politiques animés par le clientélisme et l’idéologie. Il faut donc remettre en cause ce système de représentation, pour que les préoccupations des Français soient réellement prises en compte, en fonction de leurs responsabilités et des problèmes qui se posent réellement à eux. C’est le sens que l’Alliance Royale donne à la “démocratie équitable”.
Voilà donc, en synthèse, l’idée que l’Alliance Royale se fait du service public. Il faut remettre à l’honneur le principe de service, si chers à certains fonctionnaires. Il faut arrêter de raisonner de façon utilitariste et financière, comme le font les néo-libéraux, ou en termes de “droits acquis”, comme le font les marxistes, fort peu soucieux du bien commun. Il faut enfin en finir avec le régime des partis et du clientélisme public. Il faut pour cela un arbitre, un chef d’Etat tourné vers le bien public, délié des clivages politiques et sociaux. Bref, il nous faut un roi, au service de son peuple. “Celui qui veut être le plus grand, qu’il soit le serviteur de tous” : n’est-ce pas cela, le service public ?
Bruno Castanier
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