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Tous les pays européens, moins un, se réunissaient en septembre 2016 pour tenter de redonner des couleurs à une Europe moribonde, minée par des années de technocratie et d’attentisme, et déstabilisée par l’expression démocratique du peuple britannique.

Mais à toute chose malheur est bon. Un an après, le rejet des extrémismes en France au profit d’une présidence modérée, la stabilité annoncée en Allemagne, le passage au vert des indicateurs économiques, ont eu raison du pessimisme ambiant. Les discours aux accents punitifs et alarmistes entendus à l’intérieur de nos frontières ont cédé la place à l’espoir de renaissance d’une communauté de pays prête à se motiver autour de projets, proches de nos attentes sécuritaires, fédérateurs et plus ambitieux que ceux limités à produire des normes, en protégeant le bien-être de ceux qui en débattent.

Le scénario de retrait d’autres pays s’est retourné vers plus de cohésion entre les membres, même si de nombreux désaccords persistent. Le spectre d’une sortie sans concession du Royaume s’éloigne, car le prix à payer sera prohibitif, et aucune des parties ne ressortira gagnante.

N’en déplaise aux Cassandre, l’effondrement du Royaume-Uni suite au Brexit ne s’est pas encore produit. La Livre s’est dépréciée et son économie s’essouffle, mais pas au point de sombrer dans le chaos annoncé, même si l’avenir s’assombrit. Le pays n’est plus un mouton noir, mais un pays en plein doute comme l’est en partie le vieux continent, désemparé devant l’impéritie de la gouvernance européenne.

Les Britanniques sortiront de l’union, puisque tel est leur choix, mais resteront nos alliés. Il importe que cette sortie soit honorable, dans l’équilibre qui obligera le royaume à assumer les coûts de sa décision, tout en le préservant de toute déchéance. Albion est tout aussi perfide par humour, que digne de confiance dans de nombreux domaines où l’Europe ne s’est pas encore construite, tels entre autres, le militaire, le sécuritaire et la diplomatie.

L‘Alliance royale, pour sa part, a toujours été en faveur d’une construction européenne respectueuse des peuples, de la souveraineté des États et du principe de subsidiarité. Une sortie apaisée du Royaume-Uni respecte ces idées : une plus grande cohésion des États restant dans l’U.E., concentrés sur des missions de coopération stratégique, semble de meilleur augure que l’hyper-technocratisme tatillon des dernières décennies.

Philippe Nourrisson et Gabriel Privat

Illustration de Miss Lilou (sur son bloc-notes : Dessins Miss Lilou)

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