Page Précédente

3/10/2019

La coupe du monde de foot aura lieu à Doha au Kalifa stadium. Les conditions climatiques extrêmes (humidité de l’air et chaleur intense) détruisent les athlètes, empêchent tout échauffement ou entraînement à l’extérieur. Déjà ces faits posent un problème mais en plus le stade climatisé crée un choc thermique pour les sportifs lorsqu’ils entrent dans l’enceinte. Le corps humain n’est pas adapté aux écarts violents de température (nous en avons pris conscience lors des mondiaux d’athlétisme de septembre 2019). Les sportifs ont-ils été consultés lors du choix du lieu de la coupe du monde ou tout simplement les dirigeants des instances internationales du football ont-ils trouvé un autre intérêt plus personnel de choisir ce lieu ? Mais je ne préfère pas connaître la réponse, n’ayant pas envie d’avoir la nausée. En plus, cette dépense énergétique inouïe pour donner du froid s’oppose à toutes les déclarations officielles de lutte contre le réchauffement climatique en particulier de nos dirigeants qui veulent se poser en défenseurs de l’écologie et du développement durable (hypocrites ou sincères ?).

Devant des dépenses si déraisonnables, alors que la misère sévit dans de nombreux pays, notamment musulmans, qu’il faut reconstruire la Syrie… le boycott de la coupe du monde de football par la France serait un acte exemplaire, donc réaliste et responsable. Il est encore temps de trouver un autre lieu pour la coupe du monde. Gesticuler, Monsieur le Président ne sert à rien, il faut des actes ! Refuser de prendre position, c’est cautionner cette gabegie et, comme d’habitude, faire prévaloir les arguments financiers sur le bon sens et le bien commun. En prenant une position claire et ferme, nous prendrions la main et deviendrions un des hérauts mondiaux pour rappeler le sens des responsabilités et des priorités dans la dépense publique.

Je ne rentrerai pas dans la polémique des conditions de travail déplorables de la construction des bâtiments sportifs pour la coupe du monde et du silence complice des gouvernements des États occidentaux qui donnent des leçons, si cela ne touche pas leurs intérêts financiers. Le Qatar achète tout, les palaces (Paris, Nice, Cannes), le club de foot parisien et même notre âme à Poitiers. Car sur le lieu même de la victoire de Charles Martel, le Qatar finance la construction d’une mosquée en l’honneur des musulmans morts lors de la bataille de 732. Elle s’appellera « Pavés des martyrs ». Depuis que le terrorisme islamiste touche la France sur son territoire nous savons ce que veut dire martyr pour le musulman. Sous le vocable « Qatar Charity » l’organisation non gouvernementale humanitaire officielle de l’émirat finance les mosquées (400 000 euros pour Poitiers), les écoles coraniques et les instituts de mémorisation du Coran. Les États-Unis ont dénoncé cet organisme comme soutien du terrorisme en Syrie et comme participant actif à la nébuleuse Al-Qaïda. Le Canard Enchaîné a fait connaître que, sous la couverture de cette organisation, les djihadistes combattaient au Mali.

L’argent doit-il prévaloir sur la dignité humaine ? Qu’en est-il de la défense des plus petits et des plus faibles lors de la construction des lieux de compétition, des sportifs eux-mêmes, du respect de notre âme et de notre cœur de Français ? Alors je répète ma question : faut-il boycotter la coupe du monde de football au Qatar ?

Olivier Leconte, Délégué général

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !