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Editorial du 11/2/2021

On ne peut évoquer l’immigration sans parler de la démographie. Si le continent européen est vieillissant, il n’en est pas de même d’autres régions du monde. Citons Bernard Lugan et sa revue L’Afrique réelle. La croissance économique africaine est comprise entre 1,4 et 1,6 % par an. La croissance démographique, elle, est de 4 % par an. D’ici 2030, la population africaine passera de 1,2 milliards à 1,7 milliards d’habitants. On compte environ 50 millions de naissances par an.

Le taux de natalité est de 7,2 au Niger, 6 au Mali, 4,7 au Sénégal quand il est de 1,9 en France (et 1,4 seulement en Italie !), selon la Banque mondiale (2017). Rappelons que le seuil de renouvellement des générations est de 2,1.

Le taux de natalité moyen de l’Afrique subsaharienne est de 4,8, celui de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient est de 2,7. Les migrations sont donc une tentation forte pour une population jeune et nombreuse, sur un territoire qui n’a pas les infrastructures, les entreprises, ni l’emploi nécessaires ?

Pour éviter l’émigration, certains pensent qu’il faut permettre aux populations de travailler au pays. L’Union européenne va ainsi verser un peu plus de 70 milliards d’euros jusqu’en 2027 en Afrique pour créer 10 millions d’emplois alors qu’il faudrait 450 milliards, selon Bernard Lugan.

Face aux difficultés, à la précarité économique, nombreux sont donc les candidats au grand départ. Ce ne sont pas toujours les plus pauvres qui partent puisqu’il faut avoir les moyens de payer les filières et les passeurs. Parfois, c’est tout le village qui se cotise. Malgré les périls et les risques, le mythe de l’Eldorado européen est le plus fort. Il est vrai que nos nations, la France en particulier, sont attractives et les droits ouverts aux migrants, voire aux clandestins, sont nombreux (logements, soins, formations…). Pouvons-nous continuer longtemps ainsi ? Comment ne pas réduire ou supprimer toutes ces aides, véritables pompes aspirantes de l’immigration, quand on sait que le nombre des candidats dépassera largement la population française elle-même ? De toute façon, nous devons reprendre le contrôle de nos frontières et fixer de nouvelles règles d’acquisition de la nationalité, comme le propose l’Alliance royale dans son programme.

Nous ne pouvons peut-être pas maîtriser seuls les flux migratoires. Mais si nous ne faisons rien, nous serons dépassés. Selon la formule de Michel Rocard, nous ne pouvons pas « accueillir toute la misère du monde »…

Régis Arnaud

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