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La politique agricole ne doit plus être une politique catégorielle qui permet au Pouvoir d’aller pêcher des voix. Les enjeux stratégiques qu’elle recouvre ont été négligés depuis trop longtemps, persuadés que nous étions que c’était notre point fort en Europe.
Indépendamment de la politique bruxelloise, la France doit :
•    maintenir l’auto-suffisance alimentaire de la France ; c’est stratégique dans un environnement instable, pour préserver la souveraineté de la France en cas de conflits.
•    aménager le territoire, qui est une richesse naturelle de notre pays à préserver ; trop de terres arables de bonne qualité sont sacrifiées chaque année pour construire routes et bâtiments, alors qu’ils pourraient l’être sur des terres moins riches. L’État doit organiser la préservation de cette ressource rare.
Il faut aussi veiller à la qualité esthétique des bâtiments construits pour maintenir l’harmonie de nos territoires, la qualité de vie, l’identité de nos terroirs et par conséquent leur attrait touristique.
•    assurer une alimentation de qualité à notre peuple, gage de santé et de dynamisme ; une production de qualité, sans ajouts chimiques (engrais, pesticides…), produite de façon traditionnelle ou naturelle (l’innovation a toute sa place) réduira les cancers, allergies… tout en requérant un emploi nombreux et qualifié et en préservant la nature. C’est là la vraie écologie.
•    maintenir l’emploi rural : une agriculture de qualité emploiera une population active qualifiée, qui trouvera dans ces métiers des conditions de travail enviables. Elle nécessitera surtout de petites exploitations, ce qui maintiendra un grand nombre de chefs d’exploitation, autant d’indépendants qui donneront une assise solide à la société.
•    contribuer à l’équilibre de notre balance commerciale, en exportant des produits de qualité, à forte valeur ajoutée et à grande notoriété. L’exemple de nos vins et de nos fromages parle de lui-même. Ce n’est pas l’uniformité que recherche une clientèle mondiale, mais la grande diversité de produits porteurs d’une forte identité.

Les agriculteurs sont des professionnels de la nature. Ils y vivent et l’observent à longueur d’année. Leur amour pour la terre sera le facteur décisif des décisions écologiques, pour peu qu’on l’oriente non vers un productivisme industrialisé mais vers une production de qualité au service de la santé humaine, des relations sociales (en France, les choses importantes se font toujours autour d’un bon repas !) et de la nature. Ce sont les premiers et les plus grands écologistes de France.
Par l’application du principe de subsidiarité, le pouvoir régalien arbitrera les propositions que la corporation agricole fera pour répondre aux grandes orientations fixées ci-dessus.

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