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Addiction à la dépense, culture du déficit, dépenses somptuaires non financées, tout est dit. La France est très malade, mais pas de quoi s’inquiéter, la maladie est bien connue et le diagnostic parfaitement établi. Ce sont les remèdes qui sont totalement inefficients, si l’on jauge la profondeur de nos déficits abyssaux, qui ne cessent inlassablement d’augmenter depuis plus de 40 ans

Dépenser régulièrement plus que ce que l’on gagne exige de diminuer les dépenses, d’augmenter les recettes, d’emprunter, ou toute combinaison, à condition de ne pas dépasser certains seuils.

Mais avec une dette de 35 000 euros par habitant, la France connaît les affres de la faillite et s’expose à « l’interdit bancaire ». Concernant les recettes, nous avons dépassé le niveau où « l’impôt tue l’impôt », comme le proclamait un ancien ministre ; l’impôt serait donc appelé à disparaître aussi rapidement qu’il s’alourdit. La réduction des dépenses n’est qu’un leurre, car aucune corporation ne l’accepte dès lors qu’elle est affectée.

Bien sûr, cette situation n’est pas que républicaine et Colbert savait « plumer l’oie jusqu’à ce qu’elle crie ». Mais nos rois et leurs éminences savaient travailler sur des temps beaucoup plus longs qu’une seule échéance électorale ; leurs dépenses tant décriées par nos historiens d’aujourd’hui s’avèrent être de juteux investissements, si l’on considère l’héritage qu’ils nous ont légué. De quoi hériteront nos enfants, sinon de la dette ? Finalement, le régime qui a précédé la République peut encore donner des leçons, et pas celles qui sont enseignées dans nos livres d’histoire.

 Philippe Nourrisson

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