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Emmanuel Macron dessine en creux une réalité amère que chaque Français ressent depuis les derniers attentats : l’espace que l’État devrait occuper est abandonné, la république des partis a abdiqué.

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Sans doute avez-vous lu l’interview d’Emmanuel Macron dans Le 1 du 8 juillet dernier.

« La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même », explique ainsi Emmanuel Macron. « Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu. »

S’agirait-il de la part du ministre de l’Économie d’un coming out monarchiste ? En tout cas, l’annonce a fait son effet même si l’on sait que le militantisme socialiste du jeune Macron s’est borné à un peu de figuration du côté du Touquet.
N’empêche, le ministre pose pertinemment la question de la légitimité politique de la république et parle d’un périmètre politique laissé vacant par le chef d’État républicain depuis De Gaulle. Qui, parlant d’Albert Lebrun, dernier président de la IIIe, ne disait pas autre chose : « Au fond, comme chef d’État, deux choses lui ont manqué : qu’il fut chef et qu’il y eût un État. »

La manifestation du 11 janvier aurait permis de reprendre la main, grâce à la dynamique créée par le sursaut populaire. Comme si on avait touché le nerf du corps social. Mais l’occasion est manquée, l’histoire ne repasse pas les plats.

Au final, Emmanuel Macron dessine en creux une réalité amère que chaque Français ressent depuis les derniers attentats : l’espace que l’État devrait occuper est abandonné, la république des partis a abdiqué. Par ses renoncements successifs, l’État n’a plus de stratégie, plus de vision. Ce n’est plus qu’un simple appareil, un rouage administratif au service des groupes de pression et des lobbies privés.

Emmanuel Macron déplore l’absence du roi. Irait-ondire : « Quand le roi n’est pas là, les pourris dansent » ?

 

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