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– 10/2/2019 –

Le grand débat est-il un grand moment de démocratie ? Il est non seulement permis d’en douter mais il est certain qu’au vu des débats qui se déroulent en ce moment, il s’agit d’une véritable imposture ou d’un fac-similé de démocratie.

Le CESE vient de transmettre une première synthèse des points de vue exprimés. Ceux-ci ont été classés selon les catégories suivantes :

  • inégalités sociales
  • justice fiscale
  • inégalités territoriales
  • pouvoir d’achat
  • participation des citoyens
  • transition écologique

Il est clair qu’au vu de ce premier classement, certains sujets ont été soigneusement écartés. Tous les sujets sociétaux mettant en cause une certaine conception de l’homme et de ses rapports avec la société ont été supprimés. Seuls ont été retenus les thèmes ayant une portée économique et écologique.

Ce rapport est très politiquement correct. Le grand débat est donc très organisé. Il a pour vocation de laisser aux Français le sentiment qu’ils sont écoutés et que l’on va s’occuper de leurs problèmes. Il n’en sera rien non seulement car notre gouvernement n’a plus les moyens de sa politique – seules des taxes supplémentaires permettraient de satisfaire les promesses – mais aussi parce que la vision d’Emmanuel Macron et de son gouvernement est aux antipodes des aspirations des Français, manifestées par les gilets jaunes.

Pour quelles raisons organiser un grand débat public alors que des solutions pour sortir de l’impasse existent et sont proposées à nos responsables politiques ? L’IFRAP, fondation créée en 1985 par Bernard Zimmern et dirigée par Agnès Verdier-Molinier, est un laboratoire d’idées dédié à l’analyse des politiques publiques. L’IFRAP ne cesse d’intervenir auprès des députés et des sénateurs afin que des réformes soient mises en œuvre. Mais le rapport de la Cour des comptes nous permet de conclure que notre classe politique demeure sourde à toute véritable proposition de réforme de nos politiques publiques. Or le feu est dans la maison…

La crise des gilets jaunes n’est pas de nature sociale. Il s’agit d’une crise politique au sens propre du terme. Les Français, accablés par les prélèvements obligatoires de toutes natures et les charges qui ne cessent d’augmenter, ne peuvent plus vivre dignement de leur travail. L’étatisme a phagocyté nos libertés. Les Français accusent sans aucune ambiguïté la classe politique républicaine de dilapider les deniers publics. Chaque jour qui passe met à jour un nouveau scandale de détournement des fonds publics.

Le rapport de la Cour des comptes est sans appel. L’endettement de la France a atteint un seuil critique. Il représente aujourd’hui 100% de notre PIB. La croissance annoncée ne contribuera pas à nous donner un peu d’air. Notre classe politique est totalement responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons ; le gouvernement Macron ne porte pas à lui seul la responsabilité de cette Bérézina sociale. Les gouvernements qui se sont succédé depuis une quarantaine d’années aux commandes de notre pays devront rendre des comptes. De plus, le fonctionnement de nos institutions est en cause tant il est inadapté à l’état d’esprit des Français qui restent imprégnés d’esprit monarchique. Les Français sont à la recherche d’un chef qui leur apporte la sécurité, l’autorité et l’indépendance par rapport aux puissances financières ou non. Ils sont à la recherche de l’ordre, de la maîtrise de leurs frontières. Ils veulent réaffirmer leur fierté d’être français.

Philippe Lassalle

 

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