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La France compte plus de 40 000 monuments et 1 000 musées inscrits au Patrimoine national. Il convient d’y ajouter une myriade de sites, de ponts, de fontaines  et divers petits ouvrages immobiliers non classés, autres traceurs de notre Histoire et marqueurs de notre culture.

De nombreux organismes, fédérés par le Ministère de la culture, sont en charge d’accompagner les collectivités locales et les acteurs du privé pour maintenir et valoriser ce patrimoine ; des contraintes budgétaires limitent forcément les ambitions aux édifices les plus prestigieux.

Aussi, nous pouvons saluer, d’une part, l’annonce du Président de créer une « mission de réflexion au financement de la rénovation du petit patrimoine en péril », et d’autre part de confier cette mission à Stéphane Bern, journaliste et animateur apprécié à la hauteur du taux d’audience de ses émissions.

Cette nomination irrite de nombreux tueurs d’initiative, à commencer par quelques intellectuels aigris, en mal de reconnaissance, aussi à l’aise dans l’invective que dans leur domaine de prédilection, qui n’hésitent pas à qualifier le présentateur d’incompétent, et pire, de monarchiste.

Stéphane Bern ne s’impose pas en historien, mais en conteur talentueux qui fait aimer  l’Histoire, en la resituant dans son contexte pour la rendre  accessible et plus objective. Présenter l’Histoire autrement en partageant sa passion avec cinq millions de téléspectateurs, relève plus de la performance que de l’incompétence.

On comprend alors les frustrations des détracteurs, des autosuffisants,  grands combattants du bon sens, prêtres de la repentance et autres falsificateurs de l’Histoire, qui peinent à accrocher un auditoire aussi nombreux et fidèle. Si il y a défaut de compétence, il est inutile de se demander à qui l’attribuer.

La liberté de pensée n’est pas née en France au lendemain de la Révolution après décapitation « des tyrans ivres de sang et d’orgueil », comme on a pu l’enseigner. La terreur, que certains considèrent comme être un simple détail de l’Histoire s’est achevée il y a plus de deux siècles ; on peut donc s’afficher aujourd’hui royaliste, sans rougir et sans courber la tête par crainte de la voir trancher. Aussi monsieur Bern peut affirmer ses sympathies pour les monarchies, sans les justifier par son ascendance franco-luxembourgeoise. Nous ne sommes pas pour autant des « fous du Roi », mais lorsque des histrions de la République ou des insoumis à la tolérance nous qualifient ainsi, il y a de quoi ressentir un frisson de fierté.

Confier pareille mission à un historien de renom porterait à l’intellectualiser, et nécessiterait probablement d’autres moyens humains et financiers, au risque d’interférer avec ceux existants. Mais si le résultat consiste à unir des villageois autour d’un projet local de sauvegarde, en apportant des solutions de financement, sans recours à l’État et sans s’y substituer, c’est bien dans le domaine de la passion et de l’affectivité qu’il faut agir. Le choix du présentateur de « Secrets d’Histoire » s’avère parfaitement pertinent, d’autant qu’il répond aux exigences de sympathie et de simplicité, et se place au-dessus des polémiques stériles de ceux qui ont tout à prouver dans la protection de notre patrimoine.

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