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Les
conseillers généraux et les maires sont souvent très préoccupés par les
questions de décentralisation et d’intercommunalité. Ces thèmes ont donc
abordés en assemblée plénière des délégués pour les élections
cantonales de 2008. L’Alliance Royale développe des propositions
réalistes pour simplifier l’organisation territoriale et renforcer la démocratie de proximité.
Les regroupements de communes sont-ils une bonne solution ?
Bien
entendu. Mais il est utile d’observer tout d’abord un paradoxe : la
prolifération des communautés de communes est considérée par certains
comme une multiplication de strates (commune, intercommunalité, canton,
département), mais la tendance naturelle à l’intercommunalité, pour
bénéficier d’une taille critique ou traiter les questions qui débordent
le cadre communal, n’a jamais été aussi forte (94% des élus y sont
favorables).
L’Alliance
propose de sortir de ce paradoxes : aller tout naturellement dans le
sens des regroupements, sans pour autant rajouter de strates.
Comment ?
D’abord,
ne pas se contenter de structures intercommunales, mais rassembler les
petites communes pour faire des municipalités plus importantes. Elles
s’appelleront « pays » dans les zones rurales ou autour des petites
villes, et « communes métropolitaines » dans les zones urbaines. Elles
auront des ressources supérieures, des vraies politiques locales
(aménagement, scolarité, services,…) et des conseillers plus
professionnels et donc moins dépendants de l’administration.
Les villages y perdront-ils leur identité ?
Certains
l’affirment. Mais c’est le contraire qui se produira. Au même titre que
les quartiers urbains (voir la position de l’Alliance sur les
Municipales), les villages seront dotés de conseils consultatifs, et les
conseillers municipaux seront élus par villages. Alors représentés à un
niveau supérieur face à l’administration et aux instances politiques,
les villages conserveront leur âme et renforceront leur cohésion.
Faut-il donc supprimer les conseils généraux ?
En tant
qu’instance, oui. Les communes renforcées prendront grosso modo la
taille des cantons actuels. Le conseil général se trouvera donc de plus
en plus coincé entre les conseils municipaux et le conseil régional,
avec lequel le partage des rôles n’est d’ailleurs pas aujourd’hui des
plus limpides.
Les
prérogatives du conseil général doivent alors être soit reprises par les
communes renforcées, soit remontées au conseil régional, selon le cas.
Une consultation des élus sera nécessaire pour définir le juste partage
des rôles entre communes et régions.
Bien
sûr, il faudra agir progressivement : dans un premier temps, favoriser
la transition vers les regroupements de communes, puis, dans un deuxième
temps, basculer les prérogatives des conseils généraux vers les
communes et les régions.
Que deviennent alors les conseillers généraux ?
Beaucoup
d’entre eux ont déjà choisi leur bord et essaient d’agir
personnellement dans leur canton, ce qui est naturel, plutôt qu’à
travers d’improbables commissions au niveau du département. Ainsi, dès
aujourd’hui, là ou les communautés de communes n’existent pas, ils ont
un rôle essentiel à jouer pour leur création. La où elles existent, ils
peuvent harmoniser leurs prérogatives au niveau de leur canton.
La proposition de l’Alliance Royale a donc pour effet de légitimer et de réglementer ce que les élus ont commencé à faire.
La démocratie de proximité en sortira-t-elle renforcée ?
L’Alliance
Royale affirme que la démocratie en général y gagnera par la
simplification du fouillis de la représentation territoriale. De plus,
les communes auront des tailles gérables et seront donc capables de
mener de vraies politiques locales. Cela se traduira par un retrait des
administrations dans les affaires locales. C’est un progrès considérable
pour la démocratie de proximité.
Comment est-il possible de faire passer de telles réformes ?
C‘est
vrai, toutes ces réformes ne pourront avoir lieu qu’avec la
participation des citoyens et non par décrets. D’autant que certains
conseillers généraux ne verront pas d’un bon œil la disparition de leur
siège…ni du reste les partis politiques auxquels ils appartiennent. Une
consultation des citoyens sera donc nécessaire.
Le courant d’opinion actuel sur le référendum local va d’ailleurs dans ce sens, et l’Alliance Royale s’y associe
Que faire dès aujourd’hui ?
En
attendant, dans l’état actuel des choses, l’Alliance propose trois
mesures pour stabiliser les regroupements de communes, clarifier le rôle
des départements et préparer ainsi la transition vers un regroupement
communal efficace en « pays » et en « communes métropolitaines » :
- d’une part que les délégués inter-communautaires, pour les regroupements existants, soient élus démocratiquement ;
- d’autre part que les conseillers généraux soient responsabilisés en
priorité, au sein du Conseil Général, sur la politique du canton dont
ils sont les élus, avec les moyens correspondants ;
- enfin, qu’une véritable consultation soit lancée au niveau national
pour approuver la redistribution des compétences territoriales en tenant
compte de cette tendance inéluctable des regroupements de communes.
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