Dans le cadre de la communauté des Etats européens, l’Alliance Royale propose trois axes de développement prioritaire portant sur l’économie, la sécuritéet l’environnement.
Economie : la préférence communautaire
D’après
Maurice Allais, les pays membres de chaque espace économique naturel
doivent pratiquer la « préférence communautaire ». Cela se traduit par
l’établissement de protections douanières. Il a calculé que l’abandon de
la préférence communautaire depuis 1976 a fait perdre à la France de 30
à 50% de son revenu par habitant. Cela signifie que chaque Français
devrait aujourd’hui gagner au minimum 150 au lieu de 100. Ajoutons que
les délocalisations ont coûté à la France une perte de 4 à 6 millions
d’emplois en vingt ans.
L’Alliance
Royale soutient complètement la thèse de Maurice Allais et exprime le
souhait qu’elle s’applique à la Communauté des Etats européens, comme
elle doit pouvoir être appliquée au territoire français lui-même, si
cela est jugé nécessaire, en toute souveraineté.
Les
barrières douanières permettent de limiter les délocalisations, en
rétablissant l’équilibre entre une production locale, française ou
européenne, et une production à bas coût dans des pays émergents. Il est
indispensable de protéger certains secteurs : soit parce que les
évolutions économiques à l’échelle mondiale sont en général trop rapides
par rapport aux capacités d’adaptation de nos bassins d’emploi, ce qui
provoque des drames sociaux ; soit parce que certaines productions sont
stratégiques, et l’on pensera évidemment à l’autosuffisance alimentaire.
Concernant
la Politique Agricole Commune, justement, l’Alliance Royale s’oppose au
système des subventions et des quotas, et lui préfère la mise en place
de barrières douanières qui équilibrent les cours entre les différentes
zones économiques, en protégeant l’agriculture française.
L’Alliance
Royale récuse la thèse ultra libérale qui veut que l’idéal économique
soit atteint lorsque toutes les barrières douanières seront abolies à
l’échelle planétaire et que les investissements iront là où ils seront
les plus rentables. Etant donné que l’OMC (Organisation Mondiale du
Commerce) a été créée sur ce postulat, l’adoption de la préférence
communautaire revient donc à se prononcer pour le remplacement de l’OMC
par une structure de négociation entre espaces économiques régionaux.
Tant que cette organisation sera maintenue, l’Alliance Royale se
prononcera en faveur d’un retrait de la France et de l’Europe de cette
instance. D’ailleurs, l’Alliance Royale estime que la mondialisation,
n’est pas seulement un phénomène technique, mais le résultat de
décisions politiques, dont la création de l’OMC. S’il y a des fruits
positifs dans le développement mondial des échanges, cela ne concerne
qu’un sixième environ de la planète alors que l’abolition de toutes les
barrières risque de déstabiliser les économies locales des pays pauvres.
On ne peut pas cautionner un tel système.
Dans le
domaine industriel, la préférence communautaire se traduit par la
création de grandes entreprises de taille européenne. Certains secteurs
industriels ont en effet besoin d’une masse critique suffisante pour
être concurrentiels dans un contexte de mondialisation : aéronautique,
espace, défense, énergie, pharmacie, etc. Des alliances européennes
s’avèrent nécessaires pour faire face aux grands groupes, en particulier
américains, mais également à l’émergence de sociétés géantes des BRIC
(Brésil, Russie, Inde, Chine). D’ailleurs, dans bien des cas, la
concurrence intra-européenne réduit la compétitivité de nos entreprises.
Un certain nombre de réussites technologiques et commerciales montrent
l’intérêt d’une coopération industrielle européenne : Airbus, Ariane,
etc.
Cependant,
des modèles hybrides comme EADS, à la fois politiques et industriels,
montrent leurs limites. La direction de telles structure n’est pas
toujours très homogène. Les Etats ne sont pas des entrepreneurs, et
l’Europe encore moins. D’ailleurs, les coopérations industrielles
inter-Etats consomment beaucoup d’énergie. C’est pourquoi l’Alliance
Royale propose la mise en place de fonds d’investissements
multipartites, gérés au niveau d’une commission européenne, pour
développer des consortiums ou des groupes d’intérêt européens, protéger
leur capital contre les prises de participation massives
extra-européennes, et poursuivre la politique de standardisation
européenne.
Sécurité : la surveillance du territoire et des espaces maritimes
Il
n’est plus possible aujourd’hui d’envisager la sécurité européenne sans
une alliance continentale, en particulier contre l’immigration
clandestine, le terrorisme et les trafics illégaux. Ne nous trompons pas
: la sécurité n’est pas la défense, même si certains moyens militaires,
comme par exemple les bâtiments de la marine, peuvent être employés
dans le cadre d’opérations de sécurité, c’est-à-dire ne nécessitant pas
l’utilisation de leur armement de guerre. Mais la sécurité est de plus
en plus présente dans les préoccupations européennes, comme en témoigne
le Livre Blanc de la Sécurité et de la Défense de 2008.
La
coopération en matière de sécurité peut prendre en Europe la forme de
coordination des missions, des moyens et des procédures, en particulier
dans la surveillance maritime sur les façades sud de l’Europe et dans la
lutte contre les réseaux terroristes et mafieux.
L’Alliance Royale propose la création d’un commissariat européen pour la coordination de la sécurité des pays européens.
Mais la
sécurité européenne doit être bornée par la souveraineté des Etats. Les
Etats restent souverains dans leurs frontières et dans leurs eaux
territoriales, en particulier pour les opérations de
contre-insurrection, de lutte anti-terroriste, ou pour toute forme
d’interdiction ou de coercition utilisant ou non des armes de guerre.
Les Etats restent également souverains dans leur politique d’immigration
et sont libres de rétablir un contrôle des biens et des personnes à
leurs frontières intra-européennes ou ultra-marines. Enfin, les Etats
restent souverains dans la défense de leurs intérêts hors de l’Europe :
possessions outre-mer, routes maritimes, protection des zones de pêches
ou de forage, etc.
Le
maintien des armées nationales est incontournable. L’armée est
l’expression de la nation en arme et le dernier rempart de la
souveraineté des Etats. L’Alliance Royale s’oppose à toute
européanisation des armées. Par ailleurs, l’Alliance royale estime que
la France doit se maintenir dans l’OTAN, en tant qu’alliance militaire
d’Etats souverains. L’OTAN est aujourd’hui la seule organisation
militaire capable de répondre aux besoins de sécurité dans nos zones
d’intérêts stratégiques comme l’Océan Indien, ou autour de nos
possessions outre-mer, ainsi qu’à la question de la protection
anti-missiles. L’Alliance estime qu’une alliance militaire européenne
n’est pas aujourd’hui crédible.
L’environnement : un patrimoine naturel partagé
L’Europe
est constituée d’Etats voisins, bordés par les mêmes mers, parcourus
par les mêmes rivières et respirant le même air. Or il se trouve que
l’Alliance royale est particulièrement sensible à la question de
l’environnement. C’est un patrimoine que nous devons transmettre aux
générations futures. Il est donc naturel que l’Alliance Royale se
prononce pour une politique européenne en matière de protection de
l’environnement.
Cette
politique trouve de nombreux champs d’application. Le contrôle de la
pollution des fleuves par exemple, puisque le Rhin ou le Danube
traversent plusieurs pays, ainsi que la pollution de l’air et des
sous-sols. Plus aiguë encore est la question de la pollution des côtes,
avec, comme point particulier celui des dégazages en mer et des marées
noires.
Un
autre point très important est celui des risques de catastrophes
industrielles. Il est faux de prétendre que l’énergie nucléaire est sans
danger. Il est inconcevable que Tchernobyl se reproduise. Or, les zones
contaminées par de tels accidents dépassent largement le cadre des
territoires nationaux. Voilà pourquoi la prévention et la protection
contre les accidents nucléaires, et plus généralement contre les
catastrophes industrielles, revêtent un caractère prioritaire à
l’échelle européenne.
Enfin,
la protection contre les pandémies doit aussi être traitée à l’échelle
européenne, compte tenu de la densité de la population, de la
circulation des personnes et des produits alimentaires entre les pays
d’Europe et en provenance du monde entier. Là aussi, la communauté des
Etats européens est un échelon de coopération indispensable sur ce
sujet.
L’Alliance Royale propose donc la création d’un commissariat européen pour l’environnement et la sécurité sanitaire.