Cependant,
il n’est pas suffisant de définir des priorités politiques et de mettre
en place des institutions pour qu’une coopération soit durable et
harmonieuse. La communauté des Etats européens doit s’appuyer sur des
fondations solides, non pas politiques, mais culturelles. Les Européens
sont héritiers de valeurs qui ont permis de bâtir une civilisation, et à
laquelle notre pays appartient.
Si
l’Alliance Royale se prononce en faveur du retour de la royauté, c’est
parce que celle-ci a construit la France et que sans elle la France se
défait. Mais la France s’est également faite au cœur d’une Europe
chrétienne. La France, comme l’Europe, a besoin de s’appuyer sur cet
héritage pour perdurer. Or des formations politiques et même un Etat -
la France républicaine - contestent l’héritage chrétien de l’Europe au
profit d’un intégrisme laïc. C’est toute la culture occidentale qui se
trouve menacée de déracinement, avec de graves conséquences sociétales
dont les populations les moins favorisées sont en général les premières
victimes : perte de repères pour les jeunes, perte du sens civique,
réactions xénophobes, rupture entre le peuple et ses élites, etc.
De
plus, la France se trouve confrontée, comme la plupart des pays
européens, à une autre menace, celle du fondamentalisme musulman, qui
gagne du terrain à mesure que l’Europe refuse toute référence religieuse
et oublie ses racines chrétiennes. Déjà en France, plus de trois cents «
zones de non droit », où les forces de police n’osent plus pénétrer,
sont autant de fiefs islamistes d’où partent les violences de banlieue.
Pour
contrer cette double menace, l’Alliance Royale veut donc participer à la
défense de l’héritage chrétien de l’Europe et l’inscrire dans les
institutions, afin d’officialiser les références chrétiennes. Ceci ne
veut pas dire que toute la population française ou européenne aurait le
devoir de devenir chrétienne ou catholique. Bien au contraire, les
opinions et l’appartenance confessionnelle de chacun seront mieux
respectées que dans un régime laïciste intégriste où les confessions
sont considérées comme des opinions d’ordre privé, voire comme une
menace contre le régime.
Il est
clair que le principe de laïcité, tel qu’il est soutenu par la
République, ne permet pas de défendre cet héritage, car, selon ses
principes mêmes, aucune religion ne peut prévaloir sur une autre. Il est
donc illusoire de prétendre défendre l’héritage chrétien dans une
République comme la nôtre. Au contraire, l’Alliance Royale estime non
seulement que l’Europe doit reconnaître ses racines chrétiennes mais
que, de surcroît, la couronne de France doit être elle-même
officiellement catholique.
Rétablir l’ordre naturel
L’Europe,
c’est aussi une histoire commune entre plusieurs peuples, qui ont
développé une civilisation fondée sur la liberté, la dignité de la
personne humaine et donc sur le respect de la vie.
Or
l’Union Européenne, refusant l’héritage chrétien de sa propre
civilisation et lui préférant les « Lumières » du XVIIIème siècle,
respecte de moins en moins la personne humaine. L’Alliance Royale refuse
cette culture de mort qui tue chaque année plusieurs centaines de
milliers d’enfants à naître, qui dénature le mariage, qui ruine
l’autorité, en particulier celle des pères, qui collectivise l’éducation
contre l’autorité parentale, qui affaiblit les familles, qui nivelle
l’école, qui mine le sentiment patriotique, qui érode le sens du devoir,
qui incite les jeunes à assouvir leurs pulsions sans contraintes, qui
banalise les mœurs déviantes, qui rejette - voire tue - les handicapés
et les vieillards, qui laisse prospérer la manipulation génétique, tout
cela au nom de l’hédonisme et du relativisme.
L’Alliance
Royale veut une Europe dans laquelle chaque pays respecte l’ordre
naturel, une société centrée sur l’épanouissement des familles, cellule
de base de la société et premier lieu d’apprentissage de la vie sociale
et d’enracinement de la personnalité. Elle préconise la réinstauration
de l’autorité parentale, une politique nataliste volontaire, à l’instar
de ce que nous avons vécu au lendemain de la deuxième guerre mondiale,
et la protection des plus faibles : enfants à naître, handicapés,
vieillards.
De
façon très concrète et immédiate, l’Alliance Royale propose une
modification de deux articles de la Charte européenne des droits
fondamentaux. Dans l’article II-2, il faut affirmer le droit à la vie
qui doit s’appliquer aussi à l’embryon dès sa conception. Dans l’article
II-21, l’extension de la non discrimination à l’orientation sexuelle
doit être supprimée car elle vient en contradiction avec l’affirmation
du principe du mariage hétérosexuel, en tant que fondement privilégié de
l’organisation de nos sociétés. L’expérience acquise en ce domaine
montre trop souvent qu’une telle discrimination se traduit, dans les
faits, par des formes de discrimination à rebours, en contribuant à
jeter le discrédit à l’égard des principes fondamentaux du droit naturel
et à favoriser de manière irresponsable la transgression de ces
derniers.