Pourtant, la construction européenne selon les intérêts de notre pays ne peut se faire que si les institutions françaises sont renforcées. Ce n’est que lorsque l’on est fort que l’on peut s’ouvrir au monde. L’Alliance Royale propose dans sa plate-forme politique les conditions indispensables pour relever le défi européen : L’institution royale, clef de voûte des institutions politiques, et la réforme de la représentation parlementaire, selon le principe de démocratie équitable.

L’institution royale

Le Chef de l’Etat a pour mission fondamentale de préserver l’intégrité de notre pays, et en particulier sa cohésion et la transmission aux futures générations de son patrimoine culturel, naturel et économique. Il est de surcroît garant de la souveraineté de notre pays dans un contexte géostratégique en perpétuelle évolution. Le Chef de l’Etat doit donc jouer un rôle clef dans la perspective d’une construction européenne, si nous ne voulons pas que la France se perde et se dilue. Pour cela, il doit lui-même représenter la souveraineté, l’unité et la continuité de la France.

Or, le Président de la République ne peut remplir qu’imparfaitement cette fonction. Il ne dispose pas d’une stabilité suffisante et son horizon se limite à sa réélection, c’est-à-dire cinq ans, tandis que bien des problèmes nécessitent une vision à bien plus long terme. Il ne représente pas non plus l’unité des Français, mais seulement une majorité à un moment donné. Sa situation élective et partisane le rend vulnérable aux pressions intérieures et extérieures, qu’elles soient politiques ou économiques, ce qui peut nuire à l’indépendance de sa fonction.

Il est donc indispensable d’affermir la souveraineté française par un souverain, avant de chercher à coopérer au niveau européen. L’institution royale a pour avantage évident la durée et l’indépendance, ce qui lui permet de s’assurer que les lois, les politiques et les institutions européennes demeurent compatibles avec les intérêts à long terme de la France. En particulier, l’engagement des forces militaires dans le cadre d’une coalition, la signature des traités et d’alliances, ou encore l’adoption de lois proposées à l’échelon européen ne peut avoir lieu sans que le Haut Conseil les ait examinés ni que le Roi y ait apposé son sceau.

Le Roi assume, en tant que personne, de manière visible et permanente, la représentation de la France. Dans le même temps, il est l’expression de la souveraineté, de l’unité et de la continuité de notre pays parce qu’il personnifie la France, parce qu’il est indépendant des querelles partisanes et parce qu’il s’inscrit dans la durée. Arbitre des institutions, dont il assure la stabilité, protecteur des libertés publiques, recours juridictionnel suprême, chef des armées, il promulgue les lois, signe les traités, et nomme le Premier ministre, le Garde des Sceaux, les hauts fonctionnaires et les généraux.

Le Roi s’appuie sur le Haut Conseil, une institution chargée de préparer ses décisions et sa signature. Le Haut Conseil est constitué de personnalités nommées par le Roi, et issues de différents secteurs de la société civile et militaire. Il est présidé par le Garde des Sceaux. Le Haut Conseil est également garant, au nom du Roi, de la conformité de l’action du gouvernement, du Parlement et de la justice par rapport à la souveraineté, l’unité et la continuité de notre pays.

La réforme de la représentation nationale, par la démocratie équitable

Les instances européennes clament à qui veut les entendre qu’il faut avancer vers « plus de démocratie », tandis que l’Europe se fait de plus en plus technocratique. L’Alliance Royale estime que cela n’est possible que grâce à une meilleure représentation démocratique.

La représentation parlementaire est en crise : les députés, « élus de la Nation », ne représentent que les partis politiques qui les ont investis ; ils n’ont aucun mandat impératif et leurs circonscriptions n’ont aucune cohérence en terme de politique locale ; à l’assemblée nationale, les fonctionnaires sont 4 fois plus nombreux qu’ils ne le sont dans la société française, les employés 3 fois moins nombreux, les ouvriers 10 fois moins. Le décalage entre le référendum populaire sur le traité européen et le vote parlementaire souligne bien cette rupture entre les Français et leurs représentants.

La démocratie ne peut pas venir de la massification d’individus anonymes que l’on additionne, formant des courants d’opinion abstraits récupérés au niveau national par des partis politiques dont les apparatchiks se redistribuent les places tandis qu’ils laissent à un appareil technocratique l’exercice du pouvoir de fait. Les échelons territoriaux ne sont plus que des annexes de l’Etat et les conseils territoriaux des bases politiques pour les grands partis nationaux. La représentation démocratique doit au contraire s’enraciner à l’échelon local et venir des Français, considérés non pas seulement comme des individus, mais comme des personnes ayant des devoirs, des contributions et des besoins qui leur sont propres, selon leur fonction ou leur état dans la société. Cette représentation doit ensuite s’élever progressivement du niveau de la région jusqu’au Parlement.

C’est ce que l’Alliance Royale appelle la démocratie équitable. Quatre grands collèges électoraux élisent un député par département avec mandat impératif. Ces quatre collèges sont les familles, les entrepreneurs (chefs d’entreprise, commerçants, artisans, agriculteurs et professions libérales), les salariés et enfin les conseillers municipaux.

Chaque député est personnellement responsable des intérêts de son collège dans son département, auprès de la région et auprès du gouvernement. Nous mettons ainsi un terme à la déresponsabilisation de la représentation parlementaire, nous affaiblissons le régime des partis avec leurs oppositions stériles, leurs consignes de votes et leurs débats idéologiques.

De plus, conformément au principe de subsidiarité, les projets de décentralisation et les projets de loi peuvent être réellement examinés par des représentants qui sont à la fois députés à l’Assemblée Nationale, conseillers régionaux et qui représentent directement les conseils municipaux, les familles et l’économie locale. Il ne s’agit pas d’un cumul des mandats : la représentation est même au contraire simplifiée et rendue plus transparente, partant de l’échelon local pour s’élever sans rupture jusqu’au Parlement. Il s’agit de l’affirmation de la réalité politique des échelons locaux et régionaux, selon le principe de subsidiarité. Nous renversons ainsi la logique d’un Etat technocratique assortie d’une chambre d’enregistrement, et qui distribue et décentralise des responsabilités aux collectivités territoriales sans les assortir des pouvoirs correspondants, notamment législatifs et fiscaux.

Or, dans la construction européenne, le système tel que nous le connaissons aujourd’hui est tout simplement transposé au niveau européen et perd peu à peu sa raison d’être au niveau national. La démocratie est confisquée. La représentation politique s’éloigne toujours plus des problèmes réels des Français et laisse d’autant plus le champ libre à la technocratie. La France tend à devenir, petit à petit, une région européenne, un échelon de décentralisation comme le sont déjà les collectivités territoriales françaises. Si 80% des lois appliquées en France sont européennes, il est peu probable qu’elles correspondent réellement aux préoccupations des Français.

La démocratie équitable permet de remettre les choses dans l’ordre. Elle enracine d’abord la représentation publique à la base avant de remonter les échelons. Les lois proposées au niveau européen et adoptées par le Parlement français le sont par les représentants réels des Français. Les compétences des collectivités territoriales sont définies de façon harmonieuse entre les échelons, y compris la part confiée à l’Europe.