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Article du 25/10/2019

Plusieurs hommes politiques demandent au Président de la République de s’exprimer. Que peut-il dire de particulier ? Quelles que soient ses annonces, il va commencer par un discours ferme puis il va immédiatement le minimiser en rajoutant « il ne faut pas stigmatiser… cela ne s’adresse qu’à une minorité… ». Il va tellement restreindre le champ de son allocution qu’il va déclamer une laïcité à géométrie variable. Par pure tradition républicaine il fustigera les catholiques et épargnera les autres confessions. En s’exprimant ainsi, il permettra aux autres politiciens d’exister l’espace d’une soirée, peut-être de deux jours, pour peu qu’une phrase polémique alimente un peu plus longtemps le faux débat. Les Français, divisés une fois de plus, vivront alors l’écœurement, puis le dégoût. Finalement il serait préférable qu’il nous épargne ses propos sur la laïcité.

Par ailleurs, pourquoi tergiverser à ce propos ? La laïcité n’existe plus en France : les interdits religieux sont entrés dans l’école publique depuis qu’il existe des cantines scolaires où ils sont appliqués. Vous ne le croyez pas ? Je vous assure que c’est vrai !!! Des menus de substitution sont en place pour une minorité qui, de ce fait, investit insidieusement les lieux de l’apprentissage du savoir pour les plus petits et les plus faibles. Elle marque ainsi sa différence et son refus d’intégration.

Quant à l’acceptation du foulard porté par une mère pendant une sortie scolaire, ce n’est pas une marque de respect envers une religion mais un abandon de souveraineté, une soumission, l’acceptation « passive » par la République d’un communautarisme imposé aux enfants. Cette discordance, imposé par la différence de traitement dans l’école, va les poursuivre toute leur vie. Que dirait tous nos bien-pensants si un pope ou un prêtre oriental (les hommes mariés peuvent devenir prêtre dans l’orthodoxie et les églises orientales) venait accompagner ses enfants…


…ou un rabbin intégriste ?

Ne dénonceraient-ils à grands cris une atteinte à la laïcité ?

La question, en effet, n’est pas celle de l’accueil des mères de famille musulmanes à l’école, mais bien de la neutralité religieuse de l’école publique elle-même. La neutralité religieuse demandée aux enseignants doit être respectée par leurs auxiliaires provisoires que sont les parents accompagnateurs d’une sortie scolaire.

Dans l’hémicycle de la collectivité régionale, la dame voilée et son fils n’avaient pas à être blessés de la sorte par les élus républicains, les vociférations n’ont pas leur place dans la bouche de nos représentants et humilier une mère devant son enfant n’est que le fait d’êtres méprisables. L’absence de fermeté préalable a amené un dérapage verbal violent et détestable. Puis la récupération de l’altercation par les journalistes et la presse a mis en avant une violence misérabiliste en s’apitoyant sur l’atteinte psychologique de l’enfant. Ces défenseurs islamo-collabos, quelques jours plus tôt, n’ont pas bronché, pas dit un seul mot au sujet des orphelins, de père ou de mère lors de l’attentat de la préfecture de Police. Le manque de discernement des acteurs du « quatrième pouvoir », militants de la dictature de la pensée unique, ajoute aux divisions de nos compatriotes.

Pour rassembler il faut des règles qui s’appliquent à tous. La laïcité à géométrie variable est mère d’inégalité, de discrimination, elle favorise la haine, le communautarisme. Les institutions publiques n’ont pas à tolérer le voile, aussi bien dans les écoles que dans l’université. La « laïcité positive », comme sa sœur la « discrimination positive », est une des formes de la ségrégation. Abolissons là !

Olivier Leconte

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