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Question 1 : Vous êtes élu local depuis 2014, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et présenter les particularités de votre commune ?

Marié, père de 3 enfants et grand-père de 12 petits-enfants. Je suis en retraite active avec un certain nombre d’engagements détaillés aux 2 questions suivantes. Je suis le représentant officiel de ma paroisse sur Cussay et tout le monde sait que je m’absente pour la messe le dimanche quelle que soit l’activité. J’ai adhéré pour la première fois à un parti politique en adhérant à l’Alliance Royale en 2005. Jeune retraité, je me suis mis au service de l’Alliance Royale dont je suis devenu le Secrétaire général en 2006 et le Délégué général en 2016. Depuis 2008 je me présente à toutes les élections qui me sont accessibles pour développer la notoriété de l’Alliance Royale.

La commune de Cussay en Indre-et-Loire est une commune rurale de près de 600 habitants Cussay en Région Centre-Val de Loire, membre de la Communauté de communes Loches Sud Touraine.

C’est une commune rurale constituée d’un bourg, de deux hameaux et d’un certain nombre de lieux-dits formant un habitat plutôt dispersé. La population se développe par l’arrivée de jeunes couples et de couples retraités. La pyramide des âges est plutôt mieux répartie que sur la France. Cela tient en particulier à l’école primaire qui nous amène de jeunes couples. (sur 60 enfants à l’école, 40 sont de Cussay). Il n’y a plus qu’un restaurant, mais un certain nombre d’artisans. Nous pouvons dire que presque tous les corps de métiers du bâtiment sont implantés dans le village. Les agriculteurs et les éleveurs sont en régression. C’est un paradis pour les chasseurs qui offrent aux animaux sauvages l’abri de bois et de points d’eau. Les équilibres naturels sont protégés. L’ambiance est plutôt sympathique et le nouveau qui va à la rencontre des autochtones est bien accueilli.

Question 2 : Quels sont précisément vos mandats et quelles missions recouvrent-ils ?

Je suis conseiller municipal et mon action en tant que tel est essentiellement de voter pour, contre ou m’abstenir lors des délibérations de la commune (le Conseil a lieu une fois par mois). Le budget, les projets d’investissements, la voirie et l’assainissement sont les sujets les plus importants. Il y a beaucoup de votes de délibération pour des questions mineures. Les procédures sont bien faites et il est justifié de voter les petits sujets (allocation pour un voyage scolaire par exemple). Dans le cadre de la commune je fais partie des commissions communications (4 réunions par an), Comité d’action sociale (4 réunions par an) avec la visite de plus ou moins dix quadragénaires pour leur apporter leur cadeau d’anniversaire. J’ai fait partie de la commission du P.L.U (Plan Local d’Urbanisation), de la commission sur la constitution d’un lotissement. Je suis le suppléant d’un adjoint titulaire représentant la commune de Cussay au SIEL (Syndicat Intercommunal de l’Énergie Local), et du Maire pour la Communauté de communes Loches Sud Touraine. Je suis le suppléant du Maire pour la C.L.E.T (Commission Locale d’Évaluation des Charges Transférées). Je suis titulaire d’une commission pour la fiscalité des entreprises de l’Arrondissement (1 réunion par an) et je suis titulaire de la Commission Économie Rurale et Solidaire à la Communauté de commune Loches Sud Touraine (un fois par mois) je ne vais pas aux réunions de travail qui doubleraient la mise. Tout le monde connaît mon engagement royaliste et me prend tel que je suis. Je me suis présenté aux Européennes tête de liste de la Région Centre (2 fois), au Conseil général (1 fois), aux Législatives 2 fois et à la Présidentielle 1 fois… toujours sous la bannière de « l’Alliance Royale » et ils m’ont élu au Conseil municipal. Je m’intéresse à tous et à chacun, sur certain sujet j’écoute plus que je ne parle, et mes préoccupations sont toujours liées à la dignité des personnes, au devoir de l’État de défendre les intérêts de la France et des nationaux et de dénoncer les pertes de libertés liées aux transferts de compétences, enfin de rappeler le principe de subsidiarité pour tout ce qui relève de nos connaissances, nos charismes et nos libertés de manœuvre. La vice-présidente animant cette commission trouve intéressant pour des agriculteurs qu’il y ait des personnes comme moi pour apporter un regard extérieur, alors qu’ils sont trop la tête dans le guidon et parfois n’arrivent pas à prendre le recul nécessaire.

La Commission Économie Rurale et Solidaire est un domaine concernant les entreprises agricoles qui ne m’était pas familier. Après deux années de mauvaises productions, l’actualité de cet été situe la question dramatique que vivent ces entreprises.

Question 3 : Quelle place prenez-vous dans la vie de la commune, par le biais de ces mandats et par vos autres engagements ?

Peut-être faut il préciser les autres engagements : Président du club du troisième âge, Président du club de Judo et de Taïzo, membre du Comité des fêtes , membre du club de chasse, groupe de marcheurs, chorale, metteur en scène de pièces de théâtre de boulevard, je m’efforce d’être aux fêtes organisées par les autres associations. Enfin la paroisse : membre de l’Équipe d’Animation Pastorale (EAP), j’anime les messes un dimanche sur deux et les inhumations avec ou sans prêtre (plus ou moins 23 par an dont une petite partie sur Cussay). Il est donc évident que je connais beaucoup de monde, mais il y en a encore plus qui me connaissent. Les jeunes parents sont la catégorie de personnes que je ne vois pas vraiment. Pour les clubs j’ai en général de bons vice-présidents, secrétaires et trésoriers ; je peux donc déléguer mais ils veulent tous que je sois le responsable légal ou plus exactement personne ne veut être le responsable légal. (Je suis un peu habitué et je sais faire…). Cela dépasse largement le périmètre de la commune, du canton et même de l’Arrondissement. J’oublie de dire qu’en arrivant dans la Région, je suis devenu le correspondant du Journal « La Renaissance Lochoise ». Les personnes qui votent pour moi le font pour ma personne plus que pour mon parti.
Un jour, mon épouse trouvait que j’avais trop d’engagements ; j’avais donc démissionné de tous mes engagements… Le Maire est venu me voir en me disant que ma présence était importante pour lui et il appréciait mes avis. Les bureaux des différents clubs m’ont dit que j’avais le droit d’avoir mes idées, mais qu’ils étaient contents de m’avoir comme président et souhaitaient que je ne les laisse pas tomber. Je n’avais pas vraiment décidé de ne plus rien faire pour la paroisse.

Question 4 : Quelle expérience retirez-vous de ce mandat pour l’heure ? Qu’a-t-il modifié dans vos compétences et dans votre perception de l’art du gouvernement concret des hommes ?

Je suis très heureux de cette expérience ! Être identifié royaliste (catho, royco et aristo) n’est pas un problème dans une petite mairie non politisée si vous ne vous la jouez pas caricature de la suffisance et du mépris, et encore moins si vous aimez les personnes que vous rencontrez. Elles vous le rendent bien. Nous n’avons qu’une seule liste et le panel des différentes tendances politiques sont manifestement représentées. Je suis un homme libre soucieux du bien commun et mes votes, en mon âme et conscience, me placent dans la majorité municipale à chaque fois que je considère que cela va dans le sens du bien commun, et dans une opposition expliquée lorsque l’orientation vers le bien commun n’est pas évidente. Et mon alliance de vote se fait sur une question donnée, avec les personnes qui partagent mon avis ou de qui je partage l’avis quelles que soient leurs étiquettes. Il faut savoir écouter indéniablement. L’opposition avec des arguments de bon sens est respectée et parfois suivie. J’apprends évidemment beaucoup de choses lorsque cela sort de mes compétences, et je donne mon avis lorsque le domaine m’est plus familier. Ma participation est constructive, d’autant qu’elle n’est pas emprunte d’idéologie. Je m’insurge lorsque la préfecture intervient pour imposer les règles venant du gouvernement et que les électeurs-contribuables ne peuvent discuter et contester ce qui est imposé. Je mets en évidence les pertes de libertés. J’ai dit un jour au Maire : « votre fonction évolue pour faire des Maires le premiers fonctionnaires de l’état ». La réponse : « c’est comme ça », qui n’est pas satisfaisante, marque l’impasse de ce type d ‘échange. Conclusion : au niveau du Conseil nous sommes tous vraiment pour le bien de la commune et dans l’intérêt des administrés. Nous travaillons ensemble sans rivalité quelconque. Mais face aux autorités supérieures, nous sommes des petits garçons dont la marge de liberté est nulle. Le pouvoir jacobin s’impose et ce n’est pas négociable. La franchise communale sera un bon sujet à aborder quand l’occasion se présentera.

Question 5 : L’exercice de ce mandat a-t-il modifié vos autres engagements politiques ? 

L’exercice du mandat me renforce dans mes convictions royalistes. Le Conseil discute surtout des questions matérielles. Si vous demandez au Maire d’avoir une réflexion sur un projet de village, il répond avec ses adjoints sur les projets concrets de parking ou de halle qu’il est question de faire. Mais il leur est très difficile de concevoir un projet qui pourrait mobiliser le village. Du type : monter un festival (quel qu’il soit), s’organiser pour répondre à une catastrophe naturelle, attention aux personnes seules et isolées, redonner vie au cœur du village (commerces, artisanat, …) etc.

Question 6 : Quel regard est porté sur vous par les autres membres du Conseil municipal et par les habitants de la commune que vous connaissez, considérant votre place particulière d’élu municipal indépendant et royaliste ? Cela a-t-il pu entraver l’exercice de vos missions ?

En aucun cas je n’ai eu le sentiments d’être entravé dans l’exercice de mes missions. Je pense qu’ils m’aiment bien et me rendent bien l’attention que j’ai pour chacun. Je suis reconnu comme quelqu’un de social (mais pas socialiste). Je ne leur parle jamais de royalisme, sauf sur quelques allusions du type « M. le Maire devrait être l’arbitre lorsqu’il y a conflit d’intérêts … pour conclure ; il devrait être le roi du village ! » ou encore « cette décision est royale ». Je les surprends en voulant défendre nos libertés ou les reconquérir… pour reprendre les arguments de ma campagne présidentielle. Ils écoutent poliment mes réflexions (des dadas de Robert) et l’on poursuit les travaux. Mais je sens que certains partagent mon avis et que cela les travaille. Leur réaction a été sympathique lors de la Législative en me plaçant en 3e position sur les 13 candidats : je pense que l’un ou l’autre dans le Conseil a voté pour moi. Et pour la petite histoire, au second tour de la Législative un électeur à mis un de mes bulletins (en place d’un bulletin blanc) qui au lieu d’être escamoté par ceux qui dépouillaient, a été mis en évidence. Le bulletin nul a décontracté l’ambiance tout en faisant un coup de pub pour l’Alliance Royale. Je suis un des leurs et je ne me réfère pas explicitement à notre doctrine, bien que je parle souvent de bien commun et du principe de subsidiarité. Je travaille avec eux pour nos projets communs. Pragmatique, c’est l’occasion qu’ils me donnent, que je saisis autant que je le peux.

Question 7 : Quel conseil donneriez-vous à un royaliste désireux de se présenter aux élections municipales ?

Être royaliste dans un Conseil municipal, ce n’est pas compliqué. Les questions traitées sont en général très pratiques et le seul critère de discernement est de se demander si la question est bien un service et/ou un progrès pour les habitants (donc pour le bien commun) ou non. Est-ce juste pour les habitants ? Est-ce pour la paix du village ? Est-ce pour la sécurité des personnes et des biens ? Il est bon de bien connaître la plate-forme politique (et la doctrine sociale de l’Église) pour en développer les principes comme venant de moi, et sans citer mes sources. Parce qu’elles sont mes idées de royaliste.

Il faut être résolument un des leurs. (juif avec les Juifs, romain avec les Romains). Je n’abuse pas du bénéfice de l’âge et de mon autorité naturelle… (vanité)… Je réponds avec pragmatisme et démontre mon bon sens. Je pense qu’il ne faut pas agacer les conseillers municipaux en les écrasants de notre culture et de références chrétiennes et royalistes, mais qu’il faut agir humblement par petite touche. Cela ne m’empêche pas après le Conseil d’avoir des discussions passionnées sur les lois sociétales. Mais il faut sentir pouvoir le faire, et savoir s’arrêter.

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