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L’Alliance Royale a commandé à BVA un sondage, réalisé les 22 et 23 août 2016 sur un échantillon de 1099 personnes. Ce sondage reprenait les questions posées en 2007 par le même organisme. Il a été publié dans plusieurs médias. Nous en avons parlé lors de l’Université d’été, et souhaitons ici vous en faire un retour.
D’après ce sondage, 17% des Français verraient bien la fonction présidentielle assurée par un roi, chiffre identique à celui de 2007 et cohérent du sondage IPSOS dix ans auparavant. Il y a donc bien une base royaliste établie et stable, avec un socle de 5% ouvertement royaliste.

BVA, dans ses commentaires, dit que « moins d’un Français sur cinq sont favorables », alors que nous parlerions plutôt de « presque un Français sur cinq ». En effet, ce sondage ne révèle pas que les royalistes sont minoritaires, cela, nous le savions, mais il révèle surtout qu’ils sont très nombreux, au moins en potentiel, ce qui est anormal dans un régime comme le nôtre qui contrôle l’école, les médias, les milieux intellectuels, l’université. Tout concourt à la propagande républicaine depuis plus d’un siècle, mais l’idée royale n’a pas été étouffée.
Il est à noter que les jeunes gens seraient moins royalistes que les plus anciens (15% des 18-34 ans contre 22% pour les plus de 65 ans). Sont-ils plus perméables à la doxa officielle, davantage en recherche de normalité, moins concernés par les questions politiques (l’abstention y est considérable pendant les élections), moins formés par la réalité de la vie ? BVA parle d’un « clivage », mais il est difficile d’en tirer des conclusions d’autant que le chiffre global est stable depuis 20 ans.
Autre question de ce sondage : voteriez-vous pour un candidat royaliste au 1er tour des élections présidentielles ?

29% des personnes interrogées voteraient au 1er tour des Présidentielles pour un royaliste, contre 20% en 2007, ce qui représentent une augmentation de près de 50%. Presqu’un tiers : ce n’est plus une anomalie, dans le système de pensée unique que nous connaissons, mais un camouflet, alors même que le royalisme est quasiment absent de l’espace public.
L’écart entre ces 29% et les 17% montre bien qu’il y a un côté contestataire dans ces réponses, puisque 12% voteraient pour un royaliste mais, paradoxalement, ne veulent pas d’un roi comme chef d’Etat. Mais cela montre surtout qu’il y a une méfiance vers le régime et des regards qui se tournent doucement vers une alternative, sans y adhérer encore nécessairement.
D’autant que les personnes n’ayant pas le bac sont 37% à voter potentiellement pour un candidat royaliste, les ménages avec des revenus de moins de 1500€ sont 37% et les employés 34%. BVA dit que le poids de la conjoncture économique et sociale transparaît. Mais l’explication nous semble limitée. Le royalisme apparait comme une alternative populaire. Nous l’avions déjà constaté lors d’élections cantonales, avec des résultats bien meilleurs dans des zones moins favorisées que dans les secteurs plus bourgeois.
Enfin, le sondage portait sur les bénéfices attendus d’une royauté sur cinq thèmes choisis, à savoir l’image de la France, l’unité nationale, la stabilité du gouvernement, la France dans l’UE et les libertés individuelles.

En moyenne sur ces thèmes, 31% verraient un bénéfice pour la France, contre 21% en 2007, soit à nouveau +50%. Là aussi, BVA dit que la majorité des Français anticipe des effets plutôt négatifs, quand nous dirions qu’un tiers d’entre eux anticipe des effets plutôt positif, malgré le matraquage républicain. C’est considérable. On notera que les libertés individuelles ne sont qu’à 22%, mais ce n’est pas si mal quand on sait que les médias et l’éducation nationale renvoient l’idée d’un absolutisme monarchique contraire aux libertés. C’est un thème sur lequel des progrès sont possibles, la république apparaissant de plus en plus comme liberticide.
Il apparaît ensuite clairement dans ce sondage que la faveur royaliste se porte surtout à droite : 38% sur l’ensemble, 41% chez Les Républicains (paradoxe sémantique) et jusqu’à 47% au FN. Alors que seulement 10% de la gauche pourrait voter royaliste. Cela montre que la République est fondamentalement révolutionnaire, et que les gens de droite peuvent s’y sentir un peu en contradiction, ce qui est rassurant. Pour autant, on trouve un certain écho à gauche, ce qui montre à l’inverse que le royalisme n’est pas spécialement de droite, mais qu’il peut toucher tous les Français, notamment, pensons-nous, sur la question sociale.

Ce qu’il faut en retenir de ce sondage.
D’abord, nous avons une cible politique prioritaire, les 5% de convaincus que nous n’avons pas. Ensuite, il y a un glissement vers la monarchie. Encore timide, et qui ne se concrétise pas par une « conversion », mais bien réel, surtout à droite. La perte de crédibilité des institutions actuelles et des hommes politiques en est probablement la cause. A mesure que l’Alliance Royale gagnera en notoriété, et deviendra une force politique identifiée, elle jouera un rôle non pas nécessairement de moteur, mais en tous cas de catalyseur de cette bascule de l’opinion, ainsi que de référence, de point d’ancrage. Elle doit pour cela montrer que le royalisme est crédible avec des élus et du contenu politique. C’est notre feuille de route. Alors, dans des circonstances que nous ne pouvons pas prévoir, et peut-être sans préavis, le pays tout entier pourrait bien basculer. L’Alliance Royale aura joué son rôle. Mais si nous ne faisons rien, toute cette opinion, lâchant la République devenue incompétente, implosera ou tombera entre des mains peu recommandables.
Restons donc fixé sur nos objectifs, ce sondage démontre, s’il en était besoin, que nous sommes dans le vrai.

Par Bruno Castanier, secrétaire général

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