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Si le Chef d’état-major des Armées est sorti de sa réserve en émettant un signal fort, son chef suprême, le président, aussi.

Cette escarmouche publique au plus haut niveau du commandement n’est guère de nature à élever le moral, dont nos militaires ont besoin pour sécuriser notre pays bien au-delà de ses frontières, dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

L’hommage vibrant aux troupes, à leur dévouement et leur loyauté, aurait dû être plus insistant sur leur sacrifice, humain bien sûr, mais aussi financier. La droiture du Président dans le « command car », sa chaleureuse rencontre des troupes au Mali, sa plongée au cœur d’un sous-marin nucléaire, sont autant de messages forts adressés à nos combattants de la liberté. Mais la veille de la fête de la République, le carrosse redevient citrouille. Le budget de l’armée est encore le premier à devoir s’ajuster, pour répondre à des exigences d’un niveau supérieur. Notre État, trop soucieux de satisfaire des groupes de pression, en oublie ses fonctions régaliennes. Nous ne pouvons que féliciter nos nouveaux dirigeants pour leur volonté de réduire les dépenses publiques, mais sacrifier l’armée, dans un pays en guerre, n’est pas un choix prioritaire, au regard de tous les gaspillages constatés par ailleurs.

Il est regrettable que le Président et son bras armé ne se soient pas concertés en amont de ce différend, dont nous sommes pris à témoin sans avoir voix au chapitre. Ce n’est pas un général étoilé qu’il faut recadrer, mais la République toute entière. Si La République En Marche n’arrive pas à mieux cadencer le pas, qu’elle le cède à la Monarchie En Manœuvre.

Philippe Nourrisson

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