Page Précédente

Editorial du 27/4/2020

Vanité, du latin « vanitas » : selon Le Robert, défaut d’une personne vaine satisfaite d’elle-même ; signifie également frivole, insignifiant.

Vanité de certains chercheurs d’abord qui pensent avoir forcément raison, qui critiquent les travaux de leurs collègues sans forcément proposer mieux ou qui préfèrent s’abriter derrière des protocoles d’études, dont les résultats ne seront disponibles que dans plusieurs mois.

Vanité des dirigeants politiques et des ministres qui prennent de mesures après consultation de comités d’experts, qui décident une chose puis son contraire avec le même aplomb. Jamais ils ne font preuve de modestie, jamais ils ne diront « je ne sais pas » ou « je ne peux pas, je laisse mon poste à un autre plus capable que moi ». Jamais, ils ne prennent une décision ferme. Il y a toujours une incertitude, un changement après une annonce pourtant martiale.

Vanité aussi du peuple qui accepte sans rien dire les privations de liberté, qui assiste, passif, à la dégringolade de son pays et à la mort programmée de milliers d’entreprises. Par peur d’être contaminé. Certains veulent même prolonger le confinement par crainte toujours. Une sorte de syndrome de Stockholm où l’otage en vient à sympathiser avec son geôlier.

Vanité de chacun qui se croyait immortel et qu’une nouvelle épidémie avec un virus inconnu rappelle à la réalité. Non, tout n’est pas figé ; nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes où les vacances, les plaisirs et la consommation seraient les seuls buts de l’existence. Nous sommes mortels. Pas seulement à cause de l’épidémie. Nous sommes mortels tous les jours, lorsque nous prenons la route (3.500 morts par an), au travail (autour de 500 morts par an), chez nous (les accidents domestiques font 20.000 morts par an)…

Alors, il est temps de se réveiller, de prendre son destin en main et d’appeler au sursaut. Changeons, mais changeons vraiment. Retrouvons le bon sens, le sang- froid et la détermination. Commençons par changer le régime qui a failli. Le roi vite !

Régis Arnaud

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !